Saint laurent
Pinede
Camping An Trest
Morbihan (56)
Le château du prince bois 

En l'an de grâce 1487, un jour du mois d'octobre, le Duc François II, sa fille Anne (âgée alors de 10 ans) et leur suite revenaient de Port Navalo : ils retournaient dans leur château de Suscinio.
 
Le lendemain, par une belle journée d'automne, le gardien du château proposa une matinée de chasse à courre dans les bois à l’ouest de Sarzeau. Il fit préparer les sept chiens, les arcs, les arbalètes et les épées. Quand tout le monde fut prêt, les chevaux hennirent et les chiens, tête forte et oreilles pendantes, aboyèrent à pleine gueule.

En descendant la colline, ils arrivèrent à la lisière du bois. Anne était émerveillée par la splendeur des teintes que prenait la forêt d'automne : feuilles rousses, jaunes, brunes. Dans une clairière, elle vit les arbres se refléter dans l'étang et l'herbe scintiller dans la rosée. Tout à coup, le groupe de chasseurs entendit un craquement de bois mort. Alors, ils lâchèrent les chiens qui sautèrent dans le fourré d'où venait le bruit. Apeuré, un sanglier s'enfuit à pleines pattes. Un chien plus rapide que les autres le mordit au jarret. Intriguée par les taches de sang, Anne les suivit. Après quelques moments dans un grand champ (An Trest en breton), le sanglier s'arrêta, renifla et se dirigea vers un fourré. Anne le vit disparaître.

Soudain, elle devint toute pâle : devant elle avait surgi un jeune garçon blond qui portait un vieux surcot déchiré. Il tenait à la main un bâton étrange.

 "Euh ! bon-bonjour...n'aurais-tu pas vu un sanglier ? demanda Anne.

- Je n'ai rien vu, répondit l'enfant rapidement.

- Comment t'appelles-tu ?

- Guillaume, je suis bûcheron dans ce bois.

- Moi, je m'appelle Anne. Je suis à la chasse avec le Gardien de Suscinio."


En entendant ces mots, le jeune garçon s'enfuit. En rejoignant les chasseurs, Anne entendit le Gardien crier sa colère car il revenait encore bredouille. Le deuxième jour, accompagnés du maître fauconnier, ils partirent à la chasse au faucon. C'était un faucon hobereau aux ailes longues et pointues, au bec court et crochu. Tout à coup, le Seigneur vit passer un lapin de garenne. Il lâcha le faucon qui s'éleva dans les airs puis piqua droit sur sa proie. Il l'érafla mais le lapin blessé s'échappa et alla se réfugier dans le même fourré que la veille. Anne suivit les traces de sang, s'avança dans l'espoir de retrouver Guillaume, mais personne ! Déçue et triste, Anne s'en retourna. Au loin, elle entendait le Seigneur crier sa colère car il revenait encore bredouille.

 Le matin du troisième jour, Anne découvrit un pigeon aux plumes bleues comme le ciel, pris dans un piège de braconnier. Elle le délivra et trouva un message à la patte. Sept mots y étaient écrits :

"Au secours,

Seigneur détruire les bois"

Le pigeon arrivait encore à voler et il la conduisit jusqu'à un chêne centenaire. L'oiseau se percha sur une branche et crac ! une porte s'ouvrit dans le tronc énorme. Anne entra et, stupéfaite, découvrit Guillaume.

" Anne ! Comment m'as-tu trouvé ?

- C'est le pigeon qui m'a conduite ici.

Guillaume lui montra alors une salle souterraine où elle vit le sanglier du premier jour et le lapin. Il lui expliqua que son bâton était magique et qu'il soignait les animaux blessés. Anne fut ébahie et émerveillée.  C'est toi qui soignes tous ces animaux ! Mais où sont tes parents ?

- Je suis orphelin.

 Oh ! Je suis désolée ; mais que signifie le message ? - Le Gardien veut détruire ces bois pour construire une armurerie. J'ai appris la nouvelle en portant du bois au couvent des Cordeliers. Que vont devenir les animaux ? Toi seule, tu peux m'aider !

- Je vais en parler à mon père et je reviendrai cet après-midi. " Ils se séparèrent et Anne galopa vers le château. Dès son arrivée, elle trouva son père et lui expliqua la situation. Il lui promit de convaincre le Gardien d'abandonner ce projet mais ce dernier surprit la fin de leur conversation.

Anne partit sur le champ rejoindre Guillaume sans s'apercevoir que le Gardien la suivait. Essoufflée par sa course, elle arriva au pied du chêne où Guillaume l'attendait. Ne t'inquiète pas, mon père va t'aider à ...  

- Oh ! merci, je ne t'oublierai pas."

A peine Guillaume eut-il fini sa phrase que le Gardien surgit devant eux, le regard hargneux.

"Ah! c'est donc toi, manant, qui m'a fait rater tout mon gibier depuis des mois! Je vais te chasser!"

C'est alors que François II arriva et dit :

Vous n'avez pas honte de chasser ce pauvre garçon qui n'a que le bois pour survivre!"

Le Gardien tomba à genoux devant le Duc et dit à Guillaume :

Je te pardonne; dorénavant, j'irai chasser ailleurs et je te donne ce bois."

Anne, secrètement amoureuse, proposa que Guillaume devienne le Prince de ces bois. Le Seigneur accepta car il devait honneur et obéissance à son suzerain. Guillaume, tout joyeux, les remercia tous de pouvoir rester avec ses amis les animaux.

De retour en approchant du chêne centenaire l’arbre se transforma en château de bois. En y rentrant il trouva la même porte secrète qui amenait a un souterrain ou se trouvait les animaux qu’il avaient soigné.

Le château du prince bois se trouve toujours à An Trest et la pièce secrète est toujours là.


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